2de7-Séquence n°2 – L’Adversaire (E.Carrère) – Premières séances

Séquence n°2 – Du fait divers au roman

Lecture intégrale d’un roman du XXIème siècle : L’adversaire, d’Emmanuel Carrère, 2000.

Séance n°1 : introduction

1. Rappel : les caractéristiques du roman (genre littéraire) :

  • Fictif (= imaginaire)

  • Narratif (= qui raconte), avec un ou des personnage(s), une intrigue, des actions.

  • En prose

  • Long

    2. Chercher trois exemples de romans ou nouvelles inspirés de faits divers : un du XIXème siècle, un du XXème, et un du XXIème. Présentez-les rapidement (auteur, titre, date de publication, fait divers dont il est inspiré, traitement par l’auteur : qu’a-t-il gardé ? qu’a-t-il changé ?)

  • La vague, Todd Strasser, 1981

  • Le Rouge et le Noir, Stendhal, 1830

  • Ce que j’appelle oubli, Mauvignier, 2011

Bon nombre d’œuvres narratives sont inspirées de faits divers, notamment depuis le Réalisme et le Naturalisme du XIXème siècle.

3. Rédiger un paragraphe argumenté de 5 lignes environ. Pourquoi, à votre avis, est-il pertinent de s’inspirer de faits divers lorsqu’on est romancier ?

Séance n°2 : entrée dans l’œuvre.

Lecture de l’incipit.

Qu’attend-on d’un incipit ? Cet incipit vous semble-t-il traditionnel ? Pourquoi ? (nuancer la réponse : qu’y a-t-il de traditionnel ? qu’y a-t-il de moderne ? Plus encore : qu’y a-t-il de surprenant ?).

Première remarque : dans sa forme, cet incipit ressemble à un avertissement au lecteur (un paragraphe court qui semble précéder l’œuvre).

Un incipit = début d’un récit, comprenant les premières phrases.

Qu’attend-on d’un incipit ?

  • Que l’auteur nous donne envie de poursuivre notre lecture ;

  • Qu’on voie à quel genre appartient l’œuvre ;

  • Qu’on nous présente : un personnage principal (qui ?), le contexte spatio-temporel (où ? quand ?), quelques éléments de l’action/ intrigue (quoi ?) On attend quelques réponses à ces questions.

  • Qu’on voie aussi le style d’écriture de l’auteur.

En répondant à ces questions, l’auteur et le lecteur passent ce qu’on appelle un « pacte de lecture ».

Cet incipit (de L’Adversaire) vous semble-t-il traditionnel ?

Oui, cet incipit comporte des éléments traditionnels…

…mais il est aussi surprenant par certains aspects.

  • L’auteur produit des effets de réel en évoquant des moments banals de sa vie quotidienne : assister à une « réunion pédagogique », déjeuner avec sa famille, etc. ;

  • Le cadre temporel est indiqué de manière claire et précise : « le matin du samedi 9 janvier 1993 » produit aussi un effet de réel, en plus de répondre à la présentation du contexte.

  • On a une présentation de deux personnages principaux : Jean-Claude Romand et le narrateur. On connaît la profession du narrateur : écrivain (l.8-9)…

  • Cet incipit ressemble à un avertissement au lecteur (un paragraphe court qui précède l’œuvre).

  • Accélération temporelle : le narrateur évoque cinq journées en douze lignes.

  • Comparaison immédiate entre le narrateur et un tueur.

  • Une entrée en matière étonnante de violence : évocation dès la 1ère phrase d’un infanticide.

  • si le narrateur est écrivain, n’est-il pas alors aussi l’auteur de ce roman ? Et dans ce cas, avons-nous affaire à une autobiographie ?

  • On peut aussi se demander si Carrère écrit là une « biographie » sur Romand, puisqu’il se présente comme l’auteur d’une autre biographie sur K.Dick.

  • L’auteur explicite sa source d’inspiration dans la dernière phrase de cet avertissement : son inspiration lui est venue d’un fait divers médiatisé à l’époque des faits.

Problématique :

En quoi cet incipit est-il inhabituel ?

OU

Quel pacte de lecture se joue dans cet incipit ?

OU

À quel genre littéraire aurons-nous affaire ici ?

Séance n°3 – Vers le commentaire littéraire : rédiger une partie de développement.

1. Choisissez une des deux parties suivantes :

I. Un incipit à la forme déroutante. À quel genre littéraire aurons-nous affaire ?

1. Le narrateur et l’auteur se confondent : avons-nous là une autobiographie ?

2. Le roman est tirée d’une histoire vraie/ un fait divers. Avons-nous là une biographie ?

II. Parallélisme entre la vie du narrateur/auteur et la vie du personnage.

1. Les actions principales reléguées au second plan.

2. Qui sera le personnage principal : Jean-Claude Romand ou Emmanuel Carrère ?

Conclusion : hésitation entre incipit et avant-propos. + hésitation entre autobiographie et biographie. + hésitation entre fiction et réalité. → interrogation sur le genre de ce livre, mais aussi sur le genre romanesque en général.

2. Cherchez pour chaque sous-partie de la partie que vous aurez choisie les citations précises qui, dans le texte, permettent de donner cette interprétation. Identifiez les procédés d’écriture utilisés par l’auteur pour chacune de ces citations. Montrez les intentions de l’auteur en utilisant ces procédés, et les effets qu’ils produisent sur le lecteur.

3. Organisez votre propos et rédigez intégralement les deux paragraphes de la partie que vous avez choisie.

Proposition de correction (paragraphe de la sous-partie I . 1)

-alinéa + idée directrice = introduction partielle.
-citations/ références au texte
-identification des procédés utilisés
-conclusion partielle (récapitule et conclut sur l’idée directrice).

[               ]  Dans cet incipit, le narrateur et l’auteur semblent se confondre ; on peut donc se demander si l’œuvre à laquelle nous avons affaire est une autobiographie. Tout d’abord, le narrateur utilise la première personne : on trouve sept occurrences de la 1ère personne du singulier, et deux de la 1ère personne du pluriel, ce qui en fait un personnage à part entière. Ensuite, grâce aux temps du récit –passé composé et imparfait- et grâce aux indices temporels précis, le narrateur raconte des actions qui ont lieu au jour le jour, comme dans un journal intime : « le matin du samedi 9 janvier 1993 » (l.1), « l’après-midi du samedi et le dimanche » (l.6-7) ; « le mardi soir », et « le mercredi matin » (l.11). De plus, les actions qu’il narre semblent banales : il s’agit d’« une réunion pédagogique » ligne3, d’un « déjeuner chez [s]es parents » ligne 5, ou encore de la lecture d’un « article » de journal ligne 11. Les mots « déjeuner » et « réunion » appartiennent au champ lexical de la vie quotidienne. Pour finir, cet incipit nous présente le narrateur-personnage en nous donnant une information sur son activité professionnelle : il s’agit d’un écrivain, puisque, lignes 6 à 10, il évoque son travail sur une « biographie [de] Philip K.Dick ». On trouve le champ lexical de l’activité littéraire : « termin[er] un livre », « biographie du romancier », « chapitre », « racontait ». Ainsi, ces éléments du texte amènent le lecteur à se demander si le narrateur, en plus d’être un personnage du roman, n’en serait pas également l’auteur, auquel cas nous aurions affaire à une autobiographie.
[               ]  Cependant, il y a aussi des éléments de cet incipit qui nous laissent penser qu’on aura affaire à une biographie. …  début du I.2

Séance n°4 – Vers le commentaire littéraire : rédiger une introduction.

1. Lire les pages 6-7 et 174-175. Qu’allez-vous retenir pour présenter succinctement mais efficacement Emmanuel Carrère et son roman L’Adversaire ?

2. Choisir une formulation de problématique pour le commentaire (voir séance n°2).

3. Rédiger une introduction complète (= un seul paragraphe d’une douzaine de lignes maximum) :

Présentation générale (œuvre, auteur, date de publication, contexte historique, etc.) ;

Situation du passage dans l’œuvre (ici, c’est l’incipit, donc c’est le début) et formulation de la problématique ;

Annonce du plan de développement (on n’annonce que les grandes parties -ou axes. On n’annonce donc pas les sous-parties).

Séance n°5 : Les points de vue narratifs.

Leçon et exercices.

Séance n°6 : Commentaire de texte – Extrait de L’Adversaire, pages 13-14 (cf. manuel numérique, p.324)

 

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