Méthodologie du commentaire de texte

LE COMMENTAIRE DE TEXTE

Qu’est-ce que c’est ?

  • Une épreuve écrite du baccalauréat.

  • Une analyse du texte, qui justifie l’interprétation que l’on en donne. Il s’agit de saisir les enjeux du texte (enjeux littéraires notamment, mais pas seulement).

  • Une argumentation, intégralement rédigée par un élève, selon certaines règles à connaître.

De quoi est composée la rédaction finale du commentaire (sur la copie, au propre) ?

  • Une introduction générale.

  • Trois parties (ou deux).

  • Une conclusion.

Préparation du commentaire. Travail au brouillon.

  • Observer attentivement le paratexte.

  • Lire le texte, c’est-à-dire le lire une ou deux fois très attentivement.

  • Se poser les questions basiques qui lancent les premières réflexions sur le texte : genre ? discours ? registre(s) ? point(s) de vue narratif(s) ? Adapter ce questionnaire spontané au genre littéraire, au(x) type(s) de discours, au(x) registre(s) identifié(s), etc. Par exemple, si on identifie une visée argumentative, il faudra se demander : quelle est la thèse défendue ? S’agit-il d’un réquisitoire ? D’un plaidoyer ? Quels sont les arguments utilisés par le locuteur ? Cherche-t-il à convaincre ? À persuader ? Etc. En revanche, si on identifie une visée descriptive, on se demandera : cette description est-elle neutre ? Méliorative ? Péjorative ? Est-elle détaillée ? Comment les effets de réel sont-ils produits ? Sont-ils nombreux ? Quelle est l’atmosphère qui ressort de la description ? Est-elle un symbole ? Donne-t-elle des indications pour faire avancer l’intrigue ou est-elle « gratuite » ? Quel est le point de vue du narrateur ? Quels sont les « mouvements » de la description ? Etc.

A ce stade de la préparation, le brouillon commence à se remplir et le texte à être souligné, surligné. Pour l’instant, on a écrit en vrac des idées qui restent encore confuses, mais qui commencent à être nombreuses. On commence à avoir des choses à dire.

Commence alors un temps de relectures linéaires et minutieuses. On analyse le texte dans les détails. On recherche les procédés d’écriture, c’est-à-dire qu’on se demande COMMENT l’auteur a réussi à produire tels ou tels effets sur le lecteur.

  • On s’arrête sur tous les noms et toutes les expressions. Les verbes et le temps des verbes sont à observer. Dès que quelque chose paraît répétitif, inhabituel ou simplement original, on peut être quasiment sûr qu’il va falloir le commenter. Pourquoi ? Parce que l’un des buts les plus importants du commentaire est de voir l’originalité, les particularités, bref, le style d’un écrivain.

  • On repère les points de vue narratifs, l’énonciation, et donc les pronoms, les sujets des verbes, etc. : qui parle ? à qui ? comment s’exprime-t-il ? qui est le narrateur ? que voit-il ? comment voit-il ? Etc.

  • On repère des champs lexicaux, on les souligne, surligne, entoure, encadre, etc., avec des codes (de couleur et de forme) parfaitement clairs et distincts, et des critères (de notion) extrêmement précis. Il s’agit d’être très rigoureux, car le risque de se perdre est important. Si l’on n’est pas parfaitement rigoureux dès ce moment d’analyse, le risque est que le commentaire, au moment de la rédaction, soit confus.

  • On repère aussi les figures de style, on les souligne, surligne, entoure, encadre ; et on commence déjà à faire des hypothèses sur leur sens, en écrivant tout cela autour du texte et / ou sur le brouillon.

  • Il faut essayer, dès cette étape, de voir ce qu’il y a derrière les mots, c’est-à-dire leur sens symbolique. C’est là un autre but fondamental du commentaire : chercher le sens caché, l’implicite, derrière le sens littéral, l’explicite.

  • Pour élaborer cette phase, on peut établir le tableau CITATIONS TIREES DU TEXTE / IDENTIFICATIONS DES PROCEDES RELEVES / IDEES D’INTERPRETATIONS.

Vient alors le moment crucial de trier les informations = éliminer tout ce qui ne paraît plus utile ou ce qui, maintenant, paraît inintéressant.

Ici, on formule une problématique, c’est-à-dire une question à laquelle répond l’ensemble des éléments trouvés dans notre interprétation.

Ensuite, on classe les informations = autre moment capital, car c’est là que vont se dessiner ce qu’on appelle les axes de lecture. En effet, de toute cette masse de données qui viennent d’être récoltées, vont ressortir deux, trois grandes idées directrices, qui vont concerner la forme et / ou le fond du texte. Ces centres d’intérêt qui ressortent sont les axes de lecture. Ils répondent tous à la problématique que l’on s’est donnée.

Relever et formuler clairement ces axes de lecture. Leur donner un titre chacun. Mais attention : ces titres ne doivent apparaître que sur le brouillon. En aucun cas ils ne doivent apparaître sur le commentaire rédigé sur la copie.

Les ordonner du plus évident au moins évident ; de l’explicite vers l’implicite. Il faut que le commentaire donne une lecture de plus en plus intéressante au fil de la lecture. Il faut approfondir au fur et à mesure qu’on avance dans le commentaire. En mettant les axes de lecture en ordre, on élabore le plan du commentaire. Il est important :

  • 1. que le plan soit parfaitement clair et suffisamment détaillé (avec des sous-parties) pour vous assurer de ne pas vous répéter au moment de la rédaction ;

  • 2. que vous le suiviez scrupuleusement au moment de la rédaction au propre.

A ce stade, on a compris le texte. On a saisi ses enjeux. On a vu son originalité, et on a découvert son sens éventuellement symbolique. Le plus important est fait. On peut donc commencer la rédaction. Attention, la rédaction de l’introduction doit être impérativement travaillée au brouillon.

L’introduction. Travail au brouillon.

Elle constitue un seul paragraphe d’une quinzaine de lignes, et comporte trois phases :

  • Le contexte / présentation générale de l’oeuvre dont le texte est extrait : qui a écrit le livre ? Quel est son titre ?À quel genre littéraire appartient-il ? à quelle époque ? dans quelles circonstances a-t-il été écrit/ publié ? quand a-t-il été publié ? comment le public la-t-il reçu ? Etc. Cette première phase permet non seulement de montrer qu’on a des connaissances en littérature, mais aussi d’accrocher le lecteur. Ne pas oublier que l’introduction a pour but de « séduire » le correcteur, de lui donner envie de lire la suite.

  • La présentation du texte + votre problématique : placer l’extrait dans l’œuvre. Est-ce l’incipit (si on a un récit) ? la scène d’exposition (si on a une pièce de théâtre) ? le dénouement ? un passage du développement ? Préciser, quand on le sait, ce qui s’est passé avant. Amener alors votre problématique, formulée clairement.

  • Annoncer le plan du développement : l’introduction doit annoncer les trois parties (ou deux) du commentaire. Pour cela, elle doit amener avec finesse ce qui correspond aux trois titres qu’on a élaborés dans le travail final de préparation. Par exemple, juste après avoir donné la problématique, poursuivre ainsi : « Pour répondre à cette question, nous verrons dans un premier temps […], puis nous étudierons la manière dont l’auteur […] ; enfin, nous analyserons […] ».

Quand le travail de l’introduction est terminé, la recopier au propre. A partir de maintenant, tout se passe sur la copie directement, afin de ne pas perdre de temps.

Développement.

Rédiger directement au propre. En principe, on a déjà bien détaillé l’analyse dans la préparation. À rien ne sert de rédiger au brouillon, à part perdre du temps…

Il ne faut pas oublier :

  • de rédiger une introduction pour chaque partie du commentaire (= introduction partielle, qui expose l’idée générale de la partie) ;

  • de justifier toute idée d’interprétation du texte par des citations ciblées (= pas trop longues) et dûment expliquées (= identification des procédés et analyse) ;

  • et de rédiger une transition entre chaque idée développée. Cela assure la clarté de la réflexion. Le correcteur suit ainsi toutes les phases du raisonnement de l’élève. La transition se fait de la façon suivante : une phrase résume ce qui vient d’être dit, et une seconde annonce ce qui va être dit. L’intérêt est de montrer le lien logique qui relie les deux idées.

La conclusion.

Elle constitue un seul paragraphe d’une dizaine de lignes, et comporte trois phases :

  • La récapitulation : résumer en quelques mots ce qui vient d’être développé, en reprenant les deux ou trois idées du plan général (= les axes de lecture)

  • La réponse claire à la problématique.

  • L’ouverture : élargir la perspective.

Il faut qu’il reste un temps pour deux relectures attentives de l’ensemble : une relecture pour s’assurer de l’orthographe, et une relecture pour s’assurer de la clarté du propos.

 

S.Hubac.

 

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